Introduction : qu'est ce que résister dans les camps nazis ?

L'implantation des camps nazis dans le grand Reich, source CNDP
L'implantation des camps nazis dans le grand Reich, source CNDP

Entre la nomination d’Adolf Hitler au poste de Chancelier allemand en janvier 1933 et la capitulation allemande le 8 mai 1945, le régime nazi a interné de nombreuses personnes. Le sujet du CNRD pour l'année 2012 se limite aux camps nazis et ne prend donc pas en compte les camps de prisonniers de guerre : stalag, oflag (pour les officiers) ou camps disciplinaires. Ces camps nazis c'est à dire les camps de concentration auxquels il faut ajouter les kommandos associés, les camps d'extermination et les ghettos mis en place progressivement se localisent dans le territoire du Grand Reich. Pour les découvrir, vous pouvez suivre le lien suivant : tableau des camps nazis. Cette page permet de découvrir les camps nazis ainsi que le lieu de détention de la majorité détenus mentionnés dans ce site.

Henri Gayot, déporté NN à Natzweiler, matricule 11784
Henri Gayot, déporté NN à Natzweiler, matricule 11784

Au sein de ces camps, les formes de résistance ont été très diverses et il est difficile d'établir une hiérarchie. Vouloir vivre face à la mort omniprésente peut apparaître comme la forme la plus nombreuse, mais cela ne veut pas dire, et se serait leur faire offense, que ceux qui n'ont pas survécu, n'ont pas à un moment ou un autre résister à la deshumanisation. Nombreux sont en effet les détenus qui ont voulu s'affirmer pour contrer les tentatives destinées à les briser physiquement et moralement, ont cherché à garder espoir et courage.  Les liens ci-dessous renvoient le lecteur vers les différentes formes de résistance que nous avons analysé à partir de témoignages de détenus.

La solidarité ; apporter des soins ; rester un être humain pensant ; les évasions ; les sabotages; choisir sa mort ; mettre en place une résistance organisée ; le soulèvement; 

Résister dans un camp nazi peut donc prendre des formes très différentes. Dans tous les cas, il s'agit d'aller à l'opposé de la volonté des nazis. Par conséquent, les risques sont énormes dans cet univers qui vise d'abord à briser toute forme d'opposition au nazisme ; un univers où le travail est la première des punition ; où les journées sont épuisantes ; où la faim tenaille ; où l'hygiène fait défaut. Résister c'est aussi prendre le risque de recevoir des sanctions, des punitions, la mort de la part des SS et également de la part de certains des détenus chargés de faire fonctionner les camps.

Il faut prendre conscience que les nazis ne sont pas assez nombreux pour assurer la surveillance de l'ensemble du camp et des kommandos de travail, surtout avec l'intensification de la guerre.  Par conséquent, il existe une hiérarchie entre les concentrationnaires : certains ont la charge d'assurer le fonctionnement de l'ensemble du camp, d'autre sont chargés des statistiques du travail (assurer que les demandes des SS en matière d'emploi soient exécutées), d'autres de la bonne tenue du block, de la police, des services incendies, des cuisines ; des détenus ont aussi des emplois spécifiques, demandant une certaine qualification  (ingénieur, électricien, plombier, fraiseur, coiffeur, tailleur, infirmier, médecin...) et puis il y a le reste : la plèbe concentrationnaire. C'est la majorité des détenus des camps de concentration. Il existe donc d'énormes différences entre les détenus d'un camp sans compter que les détenus viennent d'Etats différents. Ils sont aussi internés pour des raisons différentes. Les SS vont jouer de ces différences, particulièrement entre les VERTS et les ROUGES appliquant la devise "diviser pour régner". Nous avons apporter un développement plus important dans la partie "Qui résiste au sein des camps ?".

Si des détenus profitent de leur fonction pour améliorer leur sort individuel, d'autres, au contraires essayent de profiter de leur "pouvoir" pour rendre moins dures les conditions du camp.

 

Dès leur libération, les déportés survivants, cherchent à ne pas que soit oublier l'horreur concentrationnaire, ne pas oublier les noms des camarades morts, ne pas laisser impuni les crimes des bourreaux. Des serments sont prononcés à Mauthausen, Buchenwald. Les femmes de Ravensbrück ont l'idée qu'une rose soit associée à leur souffrance : elle prendra le nom de rose RESURRECTION. Droits de l'Homme, Justice, Paix, Liberté, Solidarité, Mémoire, lutte contre le négationisme...autant de valeurs que les déportés, leurs descendants ont cherché à défendre et à transmettre après 1945 et encore aujourd'hui dans leurs témoignages.